"Cette étreinte charnelle qui alimente nos rêves" Bartabas

Publié le par la cachette d'Emma

                                                 «  Cette étreinte charnelle qui alimente nos rêves » Bartabas

C’est le long de leur encolure souvent, que j’ai posé mes rêves

Soulevant leur crinière de vent, de fougue et d’ailleurs indomptés

Que j’ai calmé mon cœur affolé et me suis apaisée

C’est dans les étangs profonds de leurs grands yeux aux cils ourlés

Que j’ai franchi le grand mystère de mon humanité et que je suis devenue un peu, parfois, meilleure

C’est au rythme de leur souffle que je reprends la route souvent

Dans leur âme que je continue à sourire

Nez à naseau que le rire et la joie du Monde me parviennent

Dans leur pas tranquille et puissant que je parviens quelquefois à conjuguer ce qu’il me reste d’authentique et d’encore possibles à leur toujours et à  leur constance jamais encore déclinées…

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Bartabas et ses silences…Et sa présence qui ne tolère que le vrai et qui botte tout ce qui lui semble de pacotille

Zingaro, l’encens et le bois,  et ces respirations profondes et odorantes, que je reconnaitrais entre toutes, même perdue, même partie loin de moi et de ma vie et de mes rêves

Le vin chaud, la Vierge noire, la musique tsigane qui fait pleurer du bonheur d’être vivant, debout et de le savoir…et de le chanter, et de le danser…

Les galops qui enivrent

Les encolures qui se courbent avec majesté  et qui racontent la plus inoubliable des épopées, celle du Cheval et de l’Homme, à la croisée de deux mondes si improbables, si amants, si fougueux que la destinée s’y serait trompée à ne pas les faire se rencontrer, se mêler, fusionner dans le plus tellurique des big-bang…

Zingaro…Ouvrir ses bras à la pluie, le nez dans les nuages, le coeur vibrant au rythme des éléments naturels, humer le vent, s’imprégner de la brume, retrouver la frontière….

Ce lieu de tous les vertiges où je deviens, un peu, cheval…et qui me fait devenir, un peu plus, Humaine…

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Parfois, j’ai l’impression que mes sens ne suffisent pas à les comprendre, à les respirer, à les toucher, à les caresser, à les aimer…

Parfois, je tente de regarder comme eux, de frissonner comme eux, de respirer avec la même amplitude…Mais je me sens handicapée, toujours…Je ne parviens pas à franchir l’obstacle…

Plus jeune, très jeune, du temps où tout le monde était encore vivant et la mort, juste une idée que je lisais chez Hugo, Baudelaire ou encore aux  détours des folies lyriques et envoûtantes des tragiques grecs, je me suis endormie dans les écuries, j’ai visité leurs rêves, et je me suis souvent réveillée un peu plus cheval, un peu plus humaine aussi, avec un champs de possibles de bonheurs encore plus infinis….

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Entrer dans la brume à dos des plus sauvages, sans artillerie entre leur corps et le mien et sentir ce monde sauvage, encore vierge de tout compromis qu’est celui d’où ils viennent tous et dans lequel, parfois en des instants précieux et inoubliables, ils nous invitent….

Ce monde là, il n’y a qu’un seul de mes congénères qui jusqu’à aujourd’hui me l’a de nouveau fait retrouver…

 

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C'est parfois dans ces instants de parfaite lumière que je suis devenue écuyère...

Moi qui si souvent me considère comme née d'une étourderie stellaire... 

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lucie 16/03/2011 13:40


j adore se que vous faite avec vos chevaux c'est vraiment extraordinaire bravo


jeanne 13/03/2011 14:10


en passant par asl&
oui je l'ai vu cet homme-cheval
quand il galopait encore vers avignon
merveilleuses appararitions
musique et galops
souvenirs