Compte à rebours Aikidokaesque 2: De flocons et de lames

Publié le par la cachette d'Emma

Il me plait aujourd'hui de croire que le scintillement des flocons de neige qui se sont peut être refléter sur la lame du sabre ce mercredi d'hiver sont pour beaucoup dans ma rencontre singulière avec l'Aikido et surtout dans cette certitude instinctive, presque animale, que cet art ne me quitterait jamais plus, que je le pratique ou pas, que je m'arrête ou pas, que je sois gradée ou pas...Comme un traumatisme ou un coup de foudre, l'Aikido m'a percutée alors que très franchement, moins martiale que moi...suis pas encore certaine que cela se soit souvent rencontré dans un dojo tout du moins:-)
                                            

D'accord j'avais tendance à me battre, toute petite fille coquette que j'étais et éperdument amoureuse du chef de la bande des garçons...d'accord. D'accord je me jetais sur les terreurs de CM2 qui osaient se moquer des plus petits...ou dire que mon chien était moche...d'accord. Oui, je le confesse, je tenais tête à mes institutrices qui avaient l'outrecuidance de vouloir nous faire apprendre des poêmes qui se terminaient hypocritement par"et je souhaiterais la bonne année à tous ceux que j'aime et aussi à ceux que je n'aime pas"....et gnagnagna...D'accord, mais tout de même, ma robe de princesse, je ne la voyais pas comme un hakama, non...plutôt comme un costume scintillant de Claudette par exemple:-DDD Bon, je n'ai pas donné l'adresse de ce blog à des collègues du journal...tout va bien, je continue...:-DDD Et la seule arme affûtée et glaciale que j'ai jamais dégainé avec une virtuosité qui m'a parfois moi même quelque peu déroutée, ne fut toujours que ...ma plume.
Non, rien ne me prédestinait à la pratique martiale...Les stages de judo auxquels mon père me trainait m'ont toujours fait bailler et la première fois que je l'ai  vu chuter...j'ai cru qu'il était mort...Je les trouvais super violent et d'une gestuelle...super moche:-( Bref...et comme je suis prudente..je tairais ce que vraiment je pensais des pratiquants d'arts martiaux ou adeptes du ring...
Du Japon? Je ne connaissais que peu de choses: ce qu'en disait apparemment Maitre Corréa, idole de mon père; Yasunari Kawabata qui m'a bercée et caressée de son intelligence veloutée; les Haikus bien sûr, summum jamais atteint encore de la pureté essentielle, sauf peut être par la coupe parfaite et intraduisible de la lame forgée d'un très grand Monsieur; le thé vert dont le petit goût de terre après la pluie m'a toujours enchantée; le cristal de neige de Akane, là où c'est si sensible; les Sumo, pour leur puissance douce et tranquille, et la mort volontaire...qui n'a pas cessé de me hanter depuis la lecture de l'oeuvre de Yukio Mishima "le soleil et l'acier" et dont les multiples interprétations balourdes à l'occidentale continuent à me faire rager:-D

Rien, non...Et pour rajouter au summum de l'outrage: je n'aime pas le poisson cru! Voilà, c'est dit...on n'y reviendra plus:-)

Et puis ce mercredi d'hiver ...la petite main douce et tiède d'Ariane qui se glisse dans la mienne alors que médusée...je regardais s'accomplir la prophétie, parce que je ne vois pas d'autre explication qui tienne la route: deux lames qui dansaient, le claquement des hakamas, la neige qui tombait, Jean-Claude et Didier dans l'image...Je ne sais pas vraiment comment expliquer, juste que j'avais devant moi, l'exact écho, le parfait reflet, la mise en image et en gestuelle la plus accomplie de ce qui me touchait, de ce à quoi j'aspirais, de ce qui pouvait me sauver, donner un sens au monde, et comment le voir pour s'y mieux adapter et comprendre le pourquoi ...

"Alors??? Tu vas venir alors??Allez dis, tu vas t'inscrire?? Papa il t'attend, tu sais. Jean-Claude il est gentil..enfin parfois avec les grands il est dur, mais bon...pas au début:-DDD"....
15 jours à peine plus tard...Toshiro Suga venait au dojo de Jean-Claude....
Je lui dois tout...Mais chuuut....Il ne le sait pas...Pour une fois que je l'ai écouté et que j'ai baissé les yeux et que je me suis abstenue de "dégainer mes réflexions que si j'étais aussi rapide au ken je serais 15ème dan"...:-DDDD
Ses histoires, son humour, ses éclats de rire, sa mauvaise humeur durant certains stages, sa fâcheuse tendance à s'asseoir et à observer, presque narquois, précisément durant des techniques où "ça passait pas" et où écrevisse au moins autant de dépit que d'exaspération à le voir rire intérieurement, je résistais de justesse à quitter les tatamis...:-D
Il fut celui qui m'a sans doute, le plus divertie....Mais là encore....chuuut...
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Steph 22/09/2009 07:33

Voir ici : http://www.junomichi.org/_documents/referentiel/jnm_document_interview_correa.html

Steph 22/09/2009 07:28

L'apologie de l'art Budo dans le romantisme le plus total :-)
Au fait, j'ai tjs considéré Maître Correa comme un grand maître, un vrai, pas de ceux qui vivent dans l'esbrouffe...
D'ailleurs, voir le site de son école, le Junomichi...