Compte à rebours Aikidokaesque 1

Publié le par la cachette d'Emma

J’ai rencontré Yasunari Kawabata la première fois, place de la Sorbonne, un après midi d’hiver où mon cours de civilisation latine m’épouvantait au moins autant que certaines  soirées néfastes durant lesquelles, en face à face avec mon père dévasté par l’alcool, je tentais de résister en me disant comme le petit personnage de Will dans « A la croisée des mondes : « cela vaut le coup de supporter tout cela si c’est pour avoir une belle vie…plus tard. »

C’était l’hiver et la respiration calme des « Belles endormies » avait eu raison de mon « Civus Romanus ». Installée seule dans ce petit café sombre qui offrait une vue imprenable sur les passants, j’ai sorti le livre….

Et je ne suis jamais repartie de ce pays de mots ouatés et délicats qui traduisaient avec un raffinement et une profondeur que je n’ai plus jamais recroisés ailleurs, un désespoir poétique, une tragédie élégante qui ont toujours habité cet auteur secret et humble à l’intelligence vertigineusement humaine que Yukio Mishima considérait comme son maitre. Et je peux dire aujourd’hui sans me tromper, que c’est sans doute les mots de Yasunari Kawabata et la peau tatouée de Akane qui m’ont emmenée aux portes du dojo…

 

Fille d’un obsédé du ring reconverti au judo, j’étais bien déterminée à ne jamais posé le moindre de mes augustes petits orteils sur un quelconque tatami. J’ai donc passé les 20 premières années de ma vie à virevolter dans mes cours de danse, à me métamorphoser en centaure dés que je croisais un équidé, à jouer du violoncelle, à passer des dimanches entiers au lit, à me baffrer de fraises tagada, de chocolat et de « z’animo » en lisant, lisant et lisant encore…et parfois aussi en regardant mes feuilletons préférés…Non, pas de Bruce Lee..pas de western…Plutôt « la petite maison dans la prairie », « madame est servie », « quoi de neuf docteur »…Et…. je préfère un peu oublié en même temps :-DDD En un mot : les arts martiaux et moi…on peut dire que c’était plutôt mal, voire très mal parti…

Et puis un jour d’hiver, un mercredi, je m’en souviens encore, j’avais du sortir en catastrophe et interrompre le cinquantième visionnage de la femme tatouée, ainsi que la dégustation d’un chocolat chaud sucré au miel, pour aller chercher ma petite sœur de cœur à son cours… d’Aikido…Papa retenu, maman à Paris au boulot, Ariane, âgée d’à peine 8ans, il y avait urgence L , un quart d’heure pour être à l’heure…C'est dans une glissade acrobatique et d’une humeur effroyable que j’ai poussé les portes du dojo…Pour la première fois...

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article

Laurylyan 29/09/2009 21:20


Merci pour cette information :-)
J'ai été voir sur le net et il a écrit quelques livres bien intéressants. Et que de beaux dessins.

Merci de m'avoir permis de le découvrir.


Steph 20/09/2009 21:13

La femme tatouée, voilà vraiment un film culte...
Emouvant, cette façon de raconter ton entrée (hélas, non continuée...) sur la mer verte...on attend la suite ;o))

la cachette d'Emma 21/09/2009 11:59


Hello ptit belge:-)
Houep la suite arrive:-)
Attention à la tempête!!!:-DDD
Bizzzzzzzzzz
Emma


laurylyan71@gmail.com 20/09/2009 18:45

Très joli témoignage, merci d'avoir partagé ce souvenir avec nous.. Et je vois que nous avons quelques expériences en commun. Je m'en doutais un peu quelque part, va savoir pourquoi...

J'aime beaucoup la petite fille sur la balançoire, peux-tu me dire qui est l'artiste et le titre (s'il y en a un) de cette image/peinture/dessin ?

la cachette d'Emma 21/09/2009 11:58


Bonjour Lauylyan,
c'est gentil de passer me voir ici:-) ça me fait très plaisir de te lire
 La petite fille pensive sur sa balançoire est tirée du livre "L'enfant silence" de Cécile Roumiguière pour le texte et de Benjamin LAcombe pour l'illustration, aux éditions Seuil
Jeunesse...C'est un très beau livre...
A bientôt alors:-)
Emma