Un peu difficile...

Publié le par la cachette d'Emma

Un peu difficile en ce moment...
L'automne arrive et je le sens en moi aussi. Je redeviens frileuse et ne m'exprime plus beaucoup...
Ce matin là, je m'étais arrêtée sur le bord de la route...J'écoutais Mme Butterfly, et j'avais laissé couler mes larmes et jaillir mon chagrin devant le soleil levant, dans cette campagne discrète qui doucement, glissait elle aussi dans l'automne...

L'été a été fatigant...Beaucoup de boulot, je me sens comme une usine à mots. Mais de belles rencontres, vraiment très belles...
La plus significative à ce jour, sera celle avec Alix des Francs, sculptrice bretonne qui exposait dans la petite ville de Nogent...
Ses beaux yeux profonds et bienveillants ont eu raison des dernières questions que je devais lui poser pour mon article...Ce soir là, je revenais du sud de la France où j'avais enfin revu, après presque 20 ans d'absence, mon cher village des Baux de Provence.

 J'avais encore les Alpilles dans le coeur et la lumière sur la pierre blanche...Mais j'avais aussi le coeur brisé et c'est éperdue de tristesse et de blessures narcissiques que je me suis rendue à son vernissage...Elle m'a emmenée doucement devant chacune de ses oeuvres et devançant toutes mes questions sur les origines de sa création elle m'a emportée, mon chagrin et moi dans des sphères que je n'osais pas même éspérer...
"Vous savez Mademoiselle, créer c'est comme aimer, il ne suffit pas d'avoir l'inspiration, et hop...ça , c'est quand on est tout jeune, encore aux beaux arts. La vérité de l'art, de la création, c'est la volonté. Pour créer, il faut vouloir, comme en amour...Pour aimer, pour être apte à l'amour, il faut le vouloir..." Alors, dans cette belle pièce aux éclairages tamisés, j'ai fait descendre mes lunettes de soleil sur le bout de mon nez....et toutes mes larmes ont glissé sur mes joues...La jolie petite dame aux yeux de porcelaine m'a prise les mains, les a enveloppées et m'a parlé de sa porte du ciel et de la terre...De mes mots qu'elle trouvait fort adaptés... pour une journaliste. Elle m'a demandé d'où me venait cette sensibilité...Puis elle n'a plus rien dit...Elle a gardé mes mains dans les siennes en m'emmenant loin de la foule mondaine et des petits fours et du champagne et des beaux habits et des senteurs de parfums très chers et très raffinés et des tralala, et des gnagnagnas... jusquà ce que mes sanglots se calment ...
Toujurs en quête de vérité car c'est la seule chose qui l'intéresse, Alix aime se retrouver seule dans son atelier car "là au moins, on est tous égaux. Il n'y a plus de barrières, plus de fanfreluches, on est tous au même niveau. On communique par autre chose. Il n'y a plus de niveau, plus d'études, plus de profession, plus de sexe, rien que la vérité nue..;et c'est la seule chose qui m'intéresse, la seule chose que je veux, que je cherche, que je débusquerais, où qu'elle soit, jusquà ma mort...."
Oh mon Dieu ma chère Alix...Si je pouvais avoir ce courage.....
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Lesia 18/09/2009 23:52

lapsus, résonnent, bah oui sur le coup de l'impulsivité hein ;).

Lesia 18/09/2009 23:48

Je reste fan :), que le courage te vienne, ses mots raisonnent en moi. Tu peux pas t'imaginer à quel point je peux les "entendre".

Steph 18/09/2009 07:28

Mais, tu l'as ce courage...Il ne faut pas tout dramatiser....
Bel article en tout cas et ainsi tu es originaire des Baux, une bien belle région.
Bizzz